L’instabilité gouvernementale et parlementaire depuis près de deux ans démontre que la classe politique française a fini par se perdre à force de vouloir faire entrer le pays à marche forcée dans le paradigme néolibéral. Car n’est-ce pas l’obstination d’Emmanuel Macron à protéger sa politique fiscale et économique qui a plongé les acteurs politiques dans une des plus graves crises de légitimité qu’ait connu la Vème République.
La défiance des citoyens vis-à-vis de la capacité d’action des élu.es face aux puissances d’argent et à la logique non régulée des échanges financiarisés était déjà forte depuis les années 1980, Emmanuel Macron, notre Margaret Thatcher national, l’a portée à son climax.
A cet égard, deux articles récents publiés par le journal en ligne Regards.Fr ont le mérite de proposer une analyse juste et pertinente sur le poids des marchés, des agences de notations et des ultra-riches sur la conduite des affaires et leur dédain pour les enjeux démocratiques. Un constat qui devrait être au coeur des débats et qui n’est pourtant que peu abordé dans les espaces de discussion citoyens les plus visibles.
Je ne peux donc que vous inviter à lire l’article de Pierre Jequier-Zale, publié le 5 septembre : « Comment la Macronie joue avec les marchés pour s’imposer » (c’est ici) et celui de Pablo Pillaud-Vivien publié le 16 septembre (c’est ici)
En attendant qu’une véritable « mobilisation sociale et intellectuelle » permette enfin que le plus large ensemble possible de citoyen.nes prenne acte des destructions opérées par le néolibéralisme, notamment de notre droit à choisir librement celles et ceux que nous souhaitons pour diriger le pays. A l’heure où Emmanuel Macron persiste à nommer à Matignon des Premiers ministres sans tenir compte du résultat des urnes, ces articles sont plus que salutaires pour notre prise de conscience des réels enjeux démocratiques que cela soulève. Une façon aussi de ne pas laisser la droite et l’extrême-droite réduire le débat aux seules questions sécuritaires et identitaires : les boucs-émissaires ont toujours servi à détourner de l’attention publique les intérêts que poursuivent des acteurs privés au détriment de la société.