Comment la France a participé à appauvrir l’Afrique ? Une BD à lire…

En 2011, les éditions La Découverte ont publié Le scandale des biens mal acquis, enquête sur les milliards volés de la Françafrique de Xavier Harel et Thomas Hofnung. Je suis passé complètement à côté de ce livre alors que je lisais ou entendais ici ou là (y compris par des ressortissants nationaux) que les pays africains comme le Gabon ou le Congo-Brazzaville avaient des richesses qui permettraient aux populations de vivre très correctement ; que la corruption et l’enrichissement personnel des dirigeants gangrénaient leur développement ; que de grosses entreprises françaises (notamment « Elf » à l’époque) y avaient des intérêts importants au détriment des locaux.

Le thème de l’immigration en France (et en Europe), devenu central lors des campagnes électorales et au fil des mandats successifs de nos élus, suscitait alors chez moi des questions qui étaient pourtant peu posées dans les médias mainstream :

  • Quelles sont les causes de la misère qui poussent les populations de certains de ces pays à choisir l’émigration qui les coupe de leurs racines et les met en danger ?
  • Où passe l’argent des aides au développement ? Pourquoi ces milliards ne suffisent-ils pas à offrir aux populations des conditions de vie que les européens exigent pour eux-mêmes ?
  • Pourquoi les richesses (potentiellement produites par le pétrole, bien sûr, mais aussi par d’autres ressources dont regorgent ces pays) ne contribuent-ils pas à développer des services publics sanitaires et éducatifs ?
  • Et accessoirement, quel est l’intérêt de financer, via les ONG, de grands programmes d’équipements informatiques et audiovisuels, des pays qui souffrent d’un manque de biens communs « de base », avec cette idée absurde que la technologie est une solution à la réduction des inégalités entre les pays du Nord et du Sud ?

D’autres lectures et quelques intuitions m’avaient donné des éléments de réponse à ces questions pas si naïves que ça : les intérêts économiques de la France mais aussi (et surtout ?) ceux plus privés de nos dirigeants (qui avaient ensuite le culot de proclamer que nous ne pouvions pas « accueillir toute la misère du monde ») passaient avant ceux du développement des pays africains.

L’adaptation en bande-dessinée  de l’enquête de X. Harel et T. Hofnung que viennent de publier les éditions Glénat (L’argent fou de la Françafrique. L’affaire des biens mal acquis, signé Xavier Harel et Julien Solé) est l’opportunité de vous rattraper si, comme moi, vous aviez « raté » le livre (qu’on pourra aussi dévorer quand on aura un peu plus de temps) et si, en tant que citoyens, vous êtes frustrés que le thème des migrants ne soit traité que du point de vue de notre « capacité » à les accueillir et que vous cherchez des réponses à ce qui interroge davantage, à savoir ce qui les empêche de choisir de vivre libre et en sécurité dans leur pays en temps de paix.

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